Grand Format
Le China smash, plus grand rendez-vous de l’année du 1er au 11 octobre, nous a offert un spectacle digne de la plus grande compétition en terre chinoise à Pékin.
UNE FRANCE CONVAINCANTE :
Chez les hommes, nos français ont signé un parcours correct malgré une légère baisse des résultats en simple.
Félix Lebrun qui portait sur ses épaules l’opportunité d’une place de numéro un mondial ainsi que la pression de partir favori en l’absence de l’ancien numéro 1 Wang Chuqin, a réussi à se hisser jusqu’en quart de finale avant de buter face à Hugo Calderano (7e mondial). Après avoir écarté Maharu Yoshimura, son compatriote Flavien Coton et le croate Tomislav Pucar, « Féfé » ne trouvait pas les solutions pour contrer le jeu agressif du brésilien (1-4) alors que le français remportait leurs trois derniers affrontements.
Alexis a quant à lui échoué au stade des huitièmes face à un Jang Woojin conquérant (11e mondial). En commençant sa compétition en mode « rouleau compresseur », le numéro 2 français écartait Milosz Redzimski puis Manav Thakkar sans difficultés. Malheureusement, le Coréen freinait le jeu d’Alexis et gagnait le combat psychologique pour stopper le parcours du français (0-3).
Thibault Poret et Simon Gauzy n’auront quant à eux pas réussit à passer le premier tour tandis que Flavien Coton remportait sa bataille face au Chinois Chen Yuanyu (3-2) avant de céder sa place à Félix Lebrun pour la suite du tournois en seizièmes (1-3).
Dans le tableau féminin, Jianan Yuan passait le premier tour tandis que Prithika Pavade n’arrivait pas à se défaire de Miwa Harimoto (3e mondiale). Charlotte Lutz arrivait, elle, à vaincre Minhyung Jee pour rejoindre les seizièmes. Les deux Françaises perdaient ensuite leurs face-à-face contre les joueuses japonaise et chinoise au tour suivant.
En double hommes, les frères Lebrun faisaient parler leur « magie » et ralliaient la finale du tableau, démontrant leur régularité sans failles. En effet, la paire numéro 1 mondiale a fait honneur à son rang en écrasant Kuo Guan-Hong et Feng Yi-Hsin avant de prendre le dessus sur les finalistes du Europe smash Chan Baldwin et Wong Chun Ting (5e mondiaux). En demi-finale, les Français sortaient les meilleurs chinois du tableau Wen Ruibo et Yuan Licen (7e mondiaux) au cours d’un match très serré.
Arrivés en finale, les Français peinaient à remporter les points importants face à la paire coréenne Oh Junsung et Lim Jonghoon contre lesquels ils menaient tout de même une bataille acharnée à deux doigts d’un troisième titre de Grand Smash de la saison.
Enfin, les Français vont quand même acquérir de solides points très importants pour la suite de la saison. Les plus marquants sont ceux de Félix qui après la perte des 1400 points de la finale de l’an dernier récupèrera tout de même 580 points. De plus, les 1400 points de la finale de double par les Lebrun sont acquis sans remplacer un autre résultat en étant seulement le 6e résultat de la paire francophone ce qui consolide sa place de numéro 1.
Félix aura encore tout le temps pour devenir le meilleur du monde…
LE NOUVEAU NUMERO 1 SORA :
Ce China smash voyait l’avènement d’un nouveau numéro 1 mondial en sa conclusion grâce au forfait de Wang Chuqin tenant du titre et ancien numéro 1 mondial. Ce titre tant convoité était offert à celui qui serait le plus régulier durant la compétition entre 4 des meilleurs joueurs de la planète : Sora Matsushima, Félix Lebrun, Tomokazu Harimoto et Truls Moregardh.
Sora, lui, était déjà 1er mondial « en suspens » suite au retrait des points du China smash passé de Wang Chuqin. Ainsi, le japonais devait confirmer son statut acquis sans rien faire en remportant le « tournois le plus relevé de l’année » d’après Félix Lebrun.
En commençant sa compétition de la meilleure des manières, Sora écartait successivement l’américain Kanak Jha (24e mondial) et Finn Luu pour rallier les huitièmes. Comme si le destin aidait le japonais, Sora esquivait Liang Jingkun et affrontait Kuo Guan-Hong qu’il dominait 3-1 puis il esquivait également Dang Qiu (10e mondial) en défiant Feng Yi-Hsin, toujours sur une domination nippone (4-1).
Le véritable derby commençait en demi-finale car la surprise du tournois, le Chinois Zhou Qihao (17e mondial) lui barrait la route. Dans un match sensationnel où les rallys fusaient de toutes parts, le japonais aura su se défaire du match « piège » où tout le public souhaitait sa défaite (4-2).
C’est en finale que Sora pouvait montrer sa domination sur le monde entier. Face au taiwanais Lin Yun-Ju, le combat s’annonçait spectaculaire.
Le japonais commençait très bien son match en remportant les deux premières manches (11-7, 11-9). Néanmoins le taiwanais qui souhaitait venger la défaite de ses deux autres compatriotes Feng et Kuo ne se laissait pas abattre. Il empochait les trois sets suivants avec la manière laissant un Sora Matsushima en plein doute (11-7, 11-8, 11-5). C’était sans compter sur la détermination japonaise qui parvenait à prendre la 6e manche. Dans une manche décisive faisant office de « synthèse » au match, le scénario se reproduisait avec un Sora conquérant (6-0) avant de voir revenir le taiwanais (7-5 puis 8-7) jusqu’à la fin dans un suspense insoutenable. Les points importants souriaient enfin au japonais qui pouvait exulter de sa victoire et de son sacre de numéro 1 au monde malgré son jeune âge (19 ans).
UNE CHINE RETROUVÉE :
Dans un Smash à domicile où Wang Chuqin et Lin Shidong sont absents, la délégation chinoise avait pour objectif de montrer qu’elle n’était pas rien sans ses champions et qu’elle pouvait s’affirmer et se renouveler sur ses terres.
En simple homme, les Chinois apparaissaient d’origine comme les plus diminués dans ce tournois. Malgré une absence des deux prodiges chinois pourtant présents aux Jeux asiatiques, un seul homme à fait vibrer l’arena de Pékin. Son nom, c’est Zhou Qihao. La pépite chinoise aura réussi à se hisser jusqu’en demi-finale en signant un parcours exceptionnel.
Zhou affrontait premièrement Quek Izaac qui aurait pu l’éliminer d’entrée dans un match très serré (3-2). Le Chinois retrouvait ensuite son compatriote Xiang Peng au second tour dans un match sino-chinois époustouflant pour une victoire de Zhou encore 3 sets à 2. C’est en huitièmes que le véritable défi arrivait car le numéro 3 mondial Tomokazu Harimoto en quête d’une place de numéro un mondial et d’un premier titre en Smash lui barrait la route. Dans une rencontre à sens unique, le Chinois prenait le dessus et étouffait le japonais en signant une performance rarement vue.
Ainsi, la Chine avait trouvé sa botte secrète mais en quart de finale se dressait un génie du Ping présent depuis quelques années dans le circuit, le Coréen Jang Woojin. Après un début de match serré (1-2), le Chinois commençait à mener le rythme du jeu si bien qu’il gagnait les 3 dernières manches scellant le résultat final du match (4-2).
Son aventure se continuait en demi-finale face à l’ennemi public numéro 1 de la Chine, Sora Matsushima. La bataille allait premièrement en faveur du Japonais avant de voir un Zhou propre à son niveau de jeu durant le championnat (2-2). La suite, nous la connaissons, Sora empochait les deux sets suivants terminant le parcours de la surprise chinoise Zhou Qihao.
La Chine aura de quoi se consoler avec la victoire de Wang Manyu en simple féminin. Propre à elle-même, elle dominait l’ensemble du tournois avant d’écraser les Japonaises Miwa Harimoto (3e mondiale) puis Hitomi Sato en demi et en finale.
En double féminin, la paire Wang Manyu et Kuai Man remportait le tournois en survolant l’intégralité du tableau pour une finale nette et sans bavure.
La Chine aura alors effectué un 2/5 bien loin des dominations des deux dernières éditions, mais elle prouve néanmoins qu’elle est toujours la nation la plus présente malgré une équipe en pleine reconstruction. La délégation chinoise aura alors de quoi faire en Europe avec les Champions de Montpellier et Francfort où elle sera présente au complet.

